SYNOPSIS: Italie. Théâtre de la prison de Rebibbia. La représentation de "Jules César" de Shakespeare s’achève sous les applaudissements. Les lumières s’éteignent sur les acteurs redevenus des détenus. Ils sont escortés et enfermés dans leur cellule. Mais qui sont ces acteurs d’un jour ? Pour quelle faute ont-ils été condamnés et comment ont-ils vécu cette expérience de création artistique en commun ? Un vrai-faux docufiction, une belle et magistrale leçon de vie et de cinéma.

Les frères Paolo et Vittorio Taviani, nés en Toscane en 1929 et 1931, sont réalisateurs, scénaristes et producteurs. Après des études d’art à l’Université de Pise ils se tournent vers le cinéma, marqués par les films de Roberto Rossellini. Ils débutent avec des documentaires et s’orientent dans les années 60 vers la fiction avec des films engagés avec les conflits ouvriers et la lutte des classes. Ils co-réalisent tous leurs films.


PRIX : 

Ours d’Or du meilleur film et Prix du jury œcuménique à la Berlinale 2012

David de Donatello au meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur producteur, meilleur montage 2012

Prix interprétation masculine, Prix Lycéen, Prix Università di Corsica au Festival du Cinéma Italien d’Ajaccio

Prix FIPRESCI du meilleur acteur dans un film de langue étrangère au Festival international du film de Palm Springs 2013

Prix Jean Renoir des lycéens 2013

(Entre autres)


FILMOGRAPHIE : 

1954 : San Miniato, luglio '44 (CM)

1962 : Un homme à brûler

1963 : Les Hors-la-loi du mariage

1967 : Les Subversifs

1969 : Sous le signe du scorpion

1971 : Saint Michel avait un coq

1974 : Allonsanfan

1977 : Padre padrone

1979 : Le Pré

1982 : La Nuit de San Lorenzo

1984 : Kaos, contes siciliens

1987 : Good Morning, Babilonia

1989 : Le Soleil même la nuit

1992 : Fiorile

1996 : Les Affinités électives

1998 : Kaos II

2001 : Résurrection (TV)

2004 : La Sanfelice (TV)

2007 : Le Mas des alouettes ( (d'après le roman d'Antonia Arslan Le Mas des alouettes : Il était une fois en Arménie)

2012 : César doit mourir

2015 : Contes italiens

2017 : Une affaire personnelle   


TAGS : théâtre, littérature, réalité-fiction, jeu, prison, liberté


EXTRAIT INTERVIEW AVEC LES RÉALISATEURS : 

Vous considérez Shakespeare comme une de vos références majeures. Pourquoi ?
Paolo Taviani : Nous disons en blaguant que Shakespeare a été pour nous un père, un frère et un fils. Dans notre jeunesse, c’était un mythe : nous avons lu ses œuvres, perçu sa grandeur et nous avons utilisé dans notre travail les instruments qu’il nous a donnés. Mais son œuvre était si accessible que nous nous en sommes toujours sentis très proches, comme d’un grand frère génial. Car il ne faut pas cesser de le répéter : il est important de toujours redécouvrir Shakespeare. Maintenant que nous sommes devenus très âgés, nous avons décidé que nous pouvions changer Shakespeare un petit peu, le déconstruire pour le réassembler d’une autre manière. Et nous l’avons fait pour le cinéma qui est un monde assez différent de celui de Shakespeare. Nous avons aussi pensé que ce serait une bonne idée de monter cette pièce de théâtre en prison.

Comment avez-vous fait le casting ?
Paolo Taviani : Quand nous avons rencontré ces acteurs, ils étaient à la fois des détenus et des acteurs. Fabio Cavalli nous a beaucoup aidé car c’est un metteur en scène de théâtre qui a dédié une partie de sa vie au théâtre en prison. Il nous a donné la possibilité de rencontrer les détenus. Ensuite, nous en avons choisi quelques uns. Pendant les auditions et les répétitions, ils ont donné leurs véritables noms, pas des pseudonymes, ils ont pleuré, se sont mis en colère, alors qu’ils savaient que tout cela serait dans un film qu’on verrait dans les salles italiennes. Cela nous a beaucoup étonné tout comme le fait qu’ils jouaient très bien, même si c’était d’une façon peu conventionnelle. Quand l’acteur dit "je vais tuer César", il y a une douleur qui n’est pas celle d’un acteur habituel car on ressent son propre passé. Ces acteurs détenus étaient capables de communiquer d’une manière très émotionnelle.

Pourquoi avoir réalisé le film en noir et blanc ?
Vittorio Taviani : Aujourd’hui, il y a tellement d’images en couleurs qui donnent une représentation très naturaliste. Nous voulions montrer autre chose : ce qu’il y a dans l’âme de ces gens. C’est pour cela que nous avons choisi le non réalisme du noir et blanc. Pour nous, tout cela a été une expérience unique. Quand nous sommes entrés pour la première fois dans la prison, c’était comme pénétrer dans un monde nouveau. La complexité du destin humain est très mystérieuse.

(Source – Cineuropa: http://cineuropa.org/it.aspx?t=interview&l=fr&did=216198)

POUR ALLER PLUS LOIN: 

Extrait de la pièce de théâtre Jules César de William Shakespeare. .
Documentaire sur le milieu carcéral: Titicut Follies de Frederick Wiseman (1967)


CRITIQUE : "La rencontre des mondes est explosive, profondément troublante, et chacun sort grandi, les acteurs, le spectateur et aussi, tiens, Shakespeare lui-même." Le Nouvel Observateur

"Avec un regard à la fois généreux et plein d'autorité, les Taviani taillent dans cette réalité un film en noir et blanc où chaque plan est réfléchi et cadré, superbement." Télérama


À DESTINATION DES ENSEIGNANTS

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