SYNOPSIS: Mounir et Murielle forment un jeune couple amoureux et heureux.  Ils décident de se marier et les enfants arrivent vite. Mais ce qui commence comme une histoire d’amour se transforme progressivement en un triangle de dépendances et de dominations chaperonnées par le père adoptif de Mounir, le très aisé médecin André Pinget, dont la générosité n’est pas sans exigences. Une atmosphère irrespirable s’installe et pousse Murielle à commettre l’impensable. 


Joachim Lafosse est un réalisateur, scénariste et dramaturge belge né en 1975. Il effectue des études de réalisation à l’Institut des arts de diffusion et se fait connaître avec son court-métrage de fin d’études Tribu, qui remporte plusieurs prix au Festival de Namur en 2001. Il réalise son primer long-métrage en 2004, Folie privée, qui met en scène une séparation conjugale difficile. La thématique des rapports familiaux et la désintégration des liens sera une caractéristique centrale de ses films suivants. Ses deux derniers longs, À perdre la raison et Les Chevaliers blancs, ont été inspirés de faits divers. 


FILMOGRAPHIE : 

2000 : Égoïste Nature (CM)

2001 : Tribu (CM)

2001 : Scarface (D)

2004 : Folie privée

2006 : Ça rend heureux

2006 : Nue Propriété

2008 : Élève libre

2012 : À perdre la raison

2015 : Les Chevaliers blancs

2016 : L'Economie du couple

 

PRIX : 

Prix d’interprétation féminine Un Certain Regard au Festival de Cannes 2012

Prix du meilleur réalisateur, Prix du meilleur film, Prix de la meilleure actrice et Prix du meilleur montage au Magritte du cinéma 2013


TAGS : amour, famille, enfants, foyer, dépression, meurtre


EXTRAIT INTERVIEW AVEC LE RÉALISATEUR : 

A propos de la thématique du film…
Ce qui m’a donné fort envie de faire le film, c’est que cette histoire m’offrait la possibilité de questionner le don et l’altruisme qui se transforment en perversion, et qui annulent et font perdre toute autonomie. On a tous déjà reçu un cadeau, qui nous met mal à l’aise, et dont on perçoit qu’il va engendrer une dette, même implicite. Dans cette histoire, il y a avait ce sujet-là. Mais il y a plusieurs couches. Derrière ce trio tragique et maléfique, il y a aussi une possibilité de s’interroger sur le néo-colonialisme. C'est-à-dire cet homme qui donne, qui soutient, et puis quand les gens qu’il a protégés ont envie de s’émanciper, de grandir, de se libérer, il ne supporte pas. Et ça, je trouve que c’est quelque chose de très moderne, de très contemporain. Je pense qu’on est prêt, pays occidentaux, européens, à aider, mais on est vite très embêtés quand ça s’émancipe…


A propos des acteurs…
Quand j’avais vu "Un Prophète", j’avais été étonné par l’homosexualité latente qui s’en dégageait. Et qui convenait à la relation entre les deux personnages masculins de mon film. J’avais envie de proposer le scénario à Tahar Rahim, et un autre grand acteur que Niels Arestrup avait accepté, avant de se rétracter. Tahar m’a alors dit : « allons chercher Niels » ! J’avais un peu peur, parce que cela pouvait marquer un manque d’originalité, et puis très vite je me suis dit que non… C’est un couple déjà préexistant qui a une affection qui va se dégager du film, et l’histoire est finalement celle d’une femme qui s’engage dans une relation de couple sans se rendre compte qu’un couple préexiste déjà au sien… Donc en choisissant ce casting, cela faisait écho au récit. Le premier jour du tournage, Tahar et Niels sont venus pour me dire que s’ils étaient moins bons que dans "Un Prophète", la presse allait dire d’eux que sans Audiard, ils ne servaient à rien… Vous imaginez la pression ! Heureusement, Emilie Dequenne était là pour leur tenir tête. A la deuxième semaine de tournage, quand Emilie tourne, toute seule, cette scène où elle conduit et se met à pleurer, je me suis dit « ça y est, c’est bon, elle a attrapé le personnage. » Pour la première fois de ma carrière, j’ai été parfois spectateur de mon film, sur le tournage, grâce aux acteurs. Et ça, c’était magnifique.

(Source – Abus de ciné : http://www.abusdecine.com/interview/a-perdre-la-raison)


CRITIQUE : "La forme, c'est le fond, et peu de films l'illustrent aussi bien que celui-ci par la rigueur de sa mise en scène, l'extrême justesse de la longueur de chaque plan et la richesse du travail de cadre." Positif

"Joachim Lafosse vise juste et fait fort. (...) Les acteurs sont extraordinaires, (...). Le scénario du film est implacable, la mise en scène est imparable." Le Nouvel Observateur


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